Mon Ami le Perroquet
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MessageSujet: La socialisation   Ven 18 Avr - 14:01

La socialisation

De nos jours, on entend beaucoup parler de socialisation, éducation, mais au fait de quoi parle-t-on ? qu’est-ce que cela veut dire ?

« Le perroquet est un animal sauvage qui même domestiqué reste un animal sauvage. »

Lorsque j’ai eu mon premier perroquet, il était élevé par les parents, les ailes entières, je n’y connaissais rien en matière de gros perroquets, je n’avais que des perruches, et ceux-ci étaient des oiseaux de volière. Lorsque je l’achetais, on me fit cadeau d’un livre, le seul à l’époque en français sur les gris du Gabon… que je lu avec beaucoup d’attention.

Influencée par l’éducation de mes chiens qui fonctionnaient à la friandise, ainsi que par d’autres systèmes d’éducation utilisées pour des enfants en bas âge, je commençais alors ce qui est devenu ma grande aventure depuis maintenant 20ans. Je suis contente des expériences vécues, mais certaines auraient pu être bien différentes si j’avais su ce que je sais aujourd’hui.

Depuis, des éthologues, des biologistes, des éleveurs professionnels, se sont penchés sur la vie à l’état sauvage des différentes espèces, sur leur socialisation, leur vie à l’état captif, de grands pas ont été fait.

Qu’entend-on par socialisation d’un perroquet ? simplement l’ensemble des actions qui permettent d’entrer en contact avec lui et à réussir à diriger son comportement afin d’obtenir une meilleure cohabitation. Une sorte « d’éducation », même si la condition nécessaire est celle de la réciprocité.

Je ne parle ici que de la socialisation d’un perroquet EAM (élevé à la main) ou d’un perroquet EPP (élevé par les parents), pas du tout de cas de perroquets d’importation ou sauvages, dont la socialisation requiert beaucoup plus de temps et de patience de la part de leur propriétaire. Et qui est quelque peu différente.

Dans le langage de l’éducation des perroquets on entend beaucoup parler d’analyse appliquée du comportement, du renforcement positif, du conditionnement opérant. Mais d’où viennent ces mots, et que peuvent-ils bien vouloir dire ?

L’analyse appliquée du comportement à pour origine le mot anglais « behavior » qui signifie comportement.

ABA ou Applied Behavior Analisis applique les principes de l’analyse du comportement pour favoriser les apprentissages.

Concrètement l’ABA vise à créer des nouveaux comportements, à augmenter la fréquence d’un comportement déjà existant, à réduire la fréquence d’un comportement non désirable ainsi qu’à maintenir et généraliser les acquis.

L’application de cette technique a pour origine directement des travaux de recherche fondamentale en laboratoire (analyse expérimentale du comportement) du réputé psychologue américain B.F. Skinner (1904-1990) travaux qu’il a nommés « comportement opérant ».

L’analyse appliquée du comportement (ABA) est basée directement sur le modèle du comportement opérant (renforcement immédiat).

Je vais maintenant expliquer brièvement ce qu’est ce « renforcement positif » dont on entend beaucoup parler.

Ce qui est important de comprendre, est que si l’on désire augmenter un comportement, il faut le renforcer, soit en permettant à l’animal d’obtenir « quelque chose » d’agréable (c’est ce qu’on appelle le renforcement positif), soit en permettant à l’animal d’échapper à « quelque chose » de désagréable (renforcement négatif).

Pourquoi faut-il utiliser la punition qu'en dernier ressort ?

Les effets de la punition sont à court terme :

- un arrêt du comportement perturbateur
- une tranquillité de l'enseignant

Malheureusement, ce dernier risque d'être amené à réutiliser la punition dans le futur.

A plus long terme il y a très souvent une réapparition des comportements car on ne s'est pas occupé de leur fonction. On peut également constater l'apparition de nouveaux comportements dévastateurs comme par exemple un comportement d'évasion (action d'éviter), l'agression, l'apathie, des craintes (phobies) aux éléments environnementaux dans lequel la punition à eu lieu, y compris à la personne donnant la punition. Ce sont les effets secondaires résultants de l'utilisation fréquente de toutes les stratégies dans lesquelles des stimulus aversifs sont utilisés.

Ce n'est pas que la punition ne marche pas. La punition marche très bien pour diminuer un comportement quand elle est utilisée correctement.

L'effet le plus dévastateur de la punition est que la personne donnant la punition est renforcée à l'utiliser à nouveau lorsque cette dernière a fonctionné à la place d’utiliser le renforcement positif afin d’obtenir le changement de comportement, il sera tenté à punir, sans vraiment en peser toutes les conséquences dévastatrices pouvant en découler.

Il n’y a rien d’éducatif dans la punition. On n’apprend pas au perroquet comment bien faire.

La nourriture (graine de tournesol, morceau de cacahuète, etc.) est une bonne manière de récompenser l’oiseau qui a fait ce qu’on attend de lui. Il est également possible de le récompenser en lui donnant de l’attention si c’est ce qu’il désire. C’est l’oiseau qui décide ce qui est pour lui une récompense.


Dernière édition par Admin le Ven 18 Avr - 14:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La socialisation   Ven 18 Avr - 14:12

Tout d’abord un petit peu de vocabulaire afin de mieux comprendre les termes que nous allons employer par la suite.

Le renforcement : c’est la conséquence à un comportement où, soit l'on ajoute, soit l'on retire quelque chose, pour que la fréquence du comportement augmente.

Le conditionnement opérant : c’est le procédé qui consiste à changer la réponse de l'animal à un certain stimulus en manipulant les conséquences à cette réponse. Les cinq principes du conditionnement opérant ont été développés par Skinner. Nous allons utiliser seulement le renforcement positif, l'extinction, et dans une moindre mesure, la punition négative.

Le renforceur : c’est tout ce pour quoi l'animal veut travailler. Il faut définir en premier ce qu’est ce renforceur pour le perroquet que l’on veut socialiser.

Le renforcement positif : c’est ajouter quelque chose désiré par l'animal pour augmenter la fréquence du comportement.

Le renforcement négatif : c’est supprimer quelque chose non désiré par l'animal pour augmenter la fréquence du comportement.

L’extinction : C’est l'affaiblissement d'un comportement en ne le renforçant pas. « Ignorer » le comportement. Dans l'extinction, rien n'est ajouté, et rien n'est retiré à l'environnement.

La punition : C’est une conséquence à un comportement où, soit l'on retire, soit l'on ajoute quelque chose, pour que la fréquence du comportement diminue.

La punition négative : C’est supprimer quelque chose désiré par l'animal pour diminuer la fréquence du comportement.

Etant donné que la méthode utilise le renforcement positif plutôt que la force ou la punition. Tout l’esprit de l’animal travaille « pour » le propriétaire plutôt que contre lui. L’entraînement développe la confiance et donne souvent l’impression d’un jeu. Les animaux peuvent apprendre à n’importe quel âge et avec n’importe quel « bagage » de comportement.

Comment commencer ?

1 - Trouver ce que l’animal désire réellement. Pour cela, bien observer ce qu’il mange en premier dans sa mangeoire, et ce qu’il laisse. (graine de tournesol, de courge, pignons de pin, pommes…) pour chaque oiseau cela sera différent. Retirer cette graine de son alimentation quotidienne, et ne l’utiliser que pour les récompenses lors des exercices. Donner une récompense de petite dimension afin qu’il puisse consommer les morceaux rapidement, sans se gaver.

2 - Quand vous débutez avec un nouveau comportement, évitez les distractions, faire de courtes séances, de quelques minutes, afin qu’il soit à l’aise, si vous voyez qu’il sa lasse et est distrait, arrêtez et reprenez plus tard lorsqu’il sera plus tranquille et à l’aise pour travailler. L’animal à le droit de choisir de coopérer ou non.

3 - Travaillez avec un seul perroquet à la fois. Ne lui apprenez pas plusieurs chose à la fois, c’est seulement lorsque la première chose est acquise qu’il faut passer à la suivante.

4 - Ne cherchez pas à sauter les étapes, travaillez avec constance, tout en observant beaucoup le comportement de votre perroquet.

5 - Cette sorte d’éducation est basée sur la réciprocité. Il est important d’établir un rapport de confiance avec votre ami ailé.

6 - Il est important de savoir revenir en arrière, cela ne constitue pas un échec. Il faut savoir élever ou abaisser ses critères si nécessaire. Si l’animal semble confus, fatigué ou n’y parvient pas, c’est peut-être qu’on a exigé trop, trop tôt. Revenir alors au point où tout allait bien, et observer ce qui se passe… Si l’animal entraîné semble s’ennuyer ou agir mécaniquement, essayez de passer à l’étape suivante.

7 - Ne donnez pas d’ordre, ne connaissant pas la dominance, le perroquet n’obéit pas, il vient productivement « convaincu » à se comporter d’une manière plutôt que d’une autre.

8 - Récompenser le comportement positif et ignorer celui qui est faux. Mais en s’interrogeant toujours sur la raison qui a fait arriver le comportement erroné. C’est certainement le chemin le plus sûr pour obtenir de bon résultats.

9 - La répétition d’un comportement erroné pourrait aussi avoir pour origine une récompense involontaire de votre part, à un mauvais moment. Faites une analyse de vos réactions, aussi en remontant à la source du problème.

10 - Votre perroquet doit avoir la possibilité de choisir. La vie en captivité est déjà assez compliquée et pénible, cherchez à lui donner quelques possibilités d’exercer sa volonté quand cela est possible, par exemple, si vous désirez le faire sortir de la cage, demandez lui de vous rejoindre, en le laissant sortir lui-même au lieu de mettre votre main dans sa cage.

11 - Proposez lui gentiment de faire quelque chose au lieu de le mettre devant le fait accompli.

12 - Il est très important d’observer le comportement de son perroquet afin de comprendre ce qu’il veut nous dire par là… peur, énervement, stress, attaque, détendu, tranquille, confiant, etc.…

Pour arriver à un résultat il faut trois choses importantes :

1 - Observation
2 - Constance
3 - Répétitions
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MessageSujet: Re: La socialisation   Ven 18 Avr - 14:26



Maintenant, les exercices. :

On me demande souvent mais que dois-je lui apprendre en premier ? Par quoi commencer pour bien faire ?

Il y a quelques exercices de bases facilitant la cohabitation, les visites chez le vétérinaire, les nouvelles connaissances (aussi bien humaines qu’animales).

Je ne le dis pas à chaque fois, mais il est important de répéter les exercices chaque jour, avec constance, et toujours de la manière que j’ai expliquée auparavant, en récompensant le perroquet (soit par de la nourriture, soit par des caresses si c’est cela qu’il préfère).

A – « monte » lui apprendre à monter sur votre main. Lors des premières sorties, positionner votre main contre son ventre, juste au dessus de ses pattes, par réflexes, il va monter dessus (un perroquet se perche toujours sur le perchoir le plus haut), de votre autre main, lui montrer la récompense que vous aurez individualisée au milieu de sa nourriture. S’il le fait, même ne serais-ce qu’avec une patte, félicitez le et donnez lui la récompense.

Ne pas oublier de n’utiliser cette dernière que pour les exercices.

Vous pouvez également le mettre sur un perchoir par la suite pour effectuer cet exercice ou encore sur sa cage.

B – « descend » lorsqu’il aura bien assimilé la première chose à faire, vous pourrez passer à la seconde, et lui apprendre à descendre de votre main pour retourner dans sa cage, sur son perchoir ou encore sur une autre personne.

C – « viens » c’est en vous éloignant petit à petit de l’endroit où il se trouve que vous lui apprendrez à venir sur vous lorsque vous l’appelez, ne vous éloignez pas trop tout de suite, mais bien un pas après l’autre.

Toujours en lui montrant de votre autre main la récompense, et en la lui donnant lorsqu’il arrive à faire la chose demandée.

D – « va » de la même manière vous pouvez lui apprendre à retourner sur son perchoir ou sur sa cage. Ne pas faire le geste d’élancer le perroquet, mais lui montrer la récompense dans votre autre main tout en lui montrant la direction où il doit aller. Comme pour « viens », ne pas le faire d’un endroit trop éloigné au départ, mais pas à pas.

E – « reste » est une chose un peu plus difficile à apprendre pour certains perroquets, mais avec un peu de patience, il est tout à fait possible d’y arriver.

Comme pour « va » et « viens », lui demander de rester en vous éloignant petit à petit, chaque jour un pas de plus de l’endroit où il doit rester. De plus en plus longtemps aussi.

Cet exercice est très important surtout lorsque vous aurez des visites qui n’aiment pas trop les perroquets, ceci, afin qu’il ne leur saute pas dessus sans votre consentement.

F – « non » et « oui » peuvent lui être appris en même temps que tout le reste, simplement lorsqu’il fait quelque chose qu’il ne doit pas faire, pour le stopper dire « non » fermement, s’il s’arrête, le féliciter et lui donner une récompense, s’il ne s’arrête pas ne rien lui donner. La même chose pour le « oui », si vous approuvez la chose en elle-même, alors le féliciter, et le récompenser.

Il est très important de toujours bien observer son perroquet.

Contrôler les pupilles des yeux de votre perroquets, la variation de dilatation indique une excitation, un état nerveux, à vous de comprendre s’il est positif ou négatif.

Si le perroquet est relaxé, tout va bien, s’il est tendu, c’est que quelques chose le dérange.

Il est très important de travailler avec son perroquet lorsqu’il se sent bien, qu’il est détendu, dans le cas contraire, il vaut mieux attendre un moment plus favorable.
Il en va de même pour vous, si vous êtes stressé, pressé, occupé par d’autres choses, pour ce qui est des exercices, attendez plutôt d’avoir un temps réservé à votre perroquet, moment de tranquillité, durant lequel, toute votre attention sera portée sur votre oiseau.

Parlez beaucoup à votre perroquet, expliquez lui ce que vous faites, ce qui se passe autour de lui. Exemple lorsque vous changez les mangeoires, nettoyez sa cage, lorsque le chien aboie, le train passe, toutes choses qui puissent être nouvelles pour lui. Ne pas oublier que pour lui, le silence est une menace, un signe de danger.

De plus, si vous avez l’intention d’apprendre à parler à votre perroquet, décrire les actions que vous accomplissez tous les jours s’avèrent importantes.

En fait, il n’est pas possible de contourner l’entraînement. Car chaque fois que nous nous approchons de nos oiseaux, nous leur faisons apprendre quelque chose. Il vaut mieux le faire consciemment, afin que cet entraînement soit bénéfique.

Antoinette Gast, Parrot School Int. Suisse, 16.04.08
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